CHRONOTOPIE

L’effacement progressif de l’unité de temps, de lieux et d’action des institutions, le big bang des organisations et des territoires poussent les individus et les organisations sous pression à de nouveaux assemblages, entraîne de nouvelles recompositions, d’autres alliances, hybridations ou coalitions temporaires. Avec la fin des grands rythmes sociaux, la désynchronisation progressive et l’accélération, seule la multiplication d’événements permet de maintenir l’illusion d’être ensemble, de faire famille, organisation ou territoire. Au-delà des adaptations en cours, les mutations obligent les acteurs de la fabrique urbaine à prendre enfin en compte la dimension temporelle, aspect essentiel de la dynamique des villes. Elle permet d’imaginer les contours d’un ” urbanisme augmenté ” à la fois temporel et temporaire et des formes inédites de régulation d’une ” ville malléable “, flexible, souple et adaptable dans ses espaces et dans ses temps. La clé des temps permet de composer avec les deux autres ressources fondamentales – énergie et espace – dans une logique de développement durable. A travers la polyvalence et la modularité des espaces publics, des bâtiments et des quartiers ou le caractère éphémère des installations, on peut à la fois limiter la consommation d’espace, favoriser l’intensité urbaine et assurer le déploiement d’une ” écologie temporelle ” qui permette aux hommes et au territoires de (re) trouver le bon tempo.”
(*)https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00957096 Luc Gwiazdzinski